Soirée bénéfice au Centre des musiciens du monde

Il faut connaître un certain nombre de secrets pour découvrir ce lieu magique qu’est le Centre des musiciens du monde, en plein cœur pourtant du Plateau Mont-Royal. Il faut savoir que derrière le majestueux presbytère Saint-Enfant-de-Jésus, qui surplombe la rue St-Laurent à la hauteur de l’avenue Laurier, se trouve une porte; et qu’une fois celle-ci identifiée puis franchie, il y a un escalier qui mène aux étages. C’est là, dans un complexe de salles tantôt amples, tantôt intimes, accoudées au chœur de l’église, que se déploie le Centre. Et s’il est facile de se perdre dans la tentative d’y accéder – nous l’avons fait plus d’une fois ! –  il est encore plus aisé de se laisser s’y attarder : flâner, explorer et puis surtout, tendre l’oreille pour écouter.

C’est ce que le public était convié à faire jeudi soir, lors de la soirée bénéfice annuelle du Centre des musiciens du monde. Dans une première partie conçue sur le principe des portes ouvertes, l’on pouvait savourer l’étendue des propositions du centre en déambulant dans ses superbes locaux, chacun étant animé par au moins un musicien. Dans une salle, par exemple, on entendait les mélodies d’un oud; dans une autre, Adama Daou présentait le balafon, instrument d’Afrique de l’Ouest, et son héritage mandingue, avant que Zilien Biret prenne le relais pour présenter quelques chants créoles de la Réunion. Ce sont ces mêmes musiciens – parmi d’autres – qui animent la panoplie d’ateliers et de cours proposés au public à longueur d’année, ou bien qui font résonner les salles du centre de leurs propres compositions, dans le cadre du programme de résidences artistiques qui est également proposé.

Car le centre, c’est un projet à la fois artistique, pédagogique et social, porté par une vision claire du rôle de la musique dans l’inclusion et le mieux-être ensemble. On retient en effet de cette soirée bénéfice à la fois un miroir de la pluralité montréalaise et un modèle d’hospitalité à émuler, surtout en ces temps de débats et de faux-semblants autour de la diversité et la sacralité. On en était d’autant plus convaincue lorsqu’on a été invités à descendre un nouvel escalier pour entrer dans l’église et entamer la deuxième partie de la soirée : un concert de l’ensemble Constantinople, dont le fondateur, Kiya Tabassian, est aussi le Directeur artistique du Centre des musiciens du monde. Sous la sublime coupole de l’église, en son chœur, les quatre musiciens montréalais (Tabassian à la setar; Didem Başar à la kanun; Pierre-Yves Martel à la viole de gambe; et Patrick Graham aux percussions) ont joué un extrait de leur vaste répertoire, qui voyage sur les continents comme les siècles. Une généreuse offrande en soi, pour clore cette soirée.

Auteure : Lara Bourdin

Image de garde : setar Eshqi © Mehrdad Naraghi

Le Centre des musiciens du monde se trouve au 3043, rue Saint-Dominique. Il fêtera la deuxième édition de son festival, le Festival des musiciens du monde, entre le 31 mai et le 2 juin prochains.

Soirée bénéfice 2019

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