Soirée de haut vol avec l’OSM : le grand Christian Zacharias joue Beethoven, et Mozart continue de nous éblouir

C’est le rendez-vous musical de l’heure à ne manquer sous aucun prétexte. L’Orchestre Symphonique de Montréal (OSM) dirigé par le chef d’orchestre Edo de Waart, présente en cette fin de mois de février un programme parfait, combinant découverte musicale, pure virtuosité et classique lumineux.

EdoDeWaart. Credit : Jesse Willems

En guise d’ouverture pour la soirée, c’est un compositeur québécois qui était mis à l’honneur : Claude Vivier, né à Montréal et décédé, assassiné, à Paris en 1983. L’œuvre présentée, Zipangu, est un objet très intéressant, compact temporellement et pourtant qui semble si dilaté, comme une méditation parfois douloureuse. Conviant uniquement des instruments à cordes, Zipangu est d’abord tendu, avant de prendre de l’amplitude. Puis, les altos et les violoncelles émergent à leur tour, déroulant une inquiétante tension. Le sursaut provoqué par les cordes pincées modifie la trajectoire musicale. Puis c’est un cri, une plainte aigüe qui semble arrachée aux instruments, avant que gravité et solennité ne reprennent le dessus. Enfin, l’union agitée des violons à gauche et des instruments à cordes plus graves à droite clôt cette œuvre.

Christian Zacharias, Crédit : Klaus Rudolph

C’est un grand moment musical à Montréal que l’exécution du Concerto pour piano n.1 de Beethoven par le pianiste Christian Zacharias. Une chance inouïe et un plaisir immense de voir tant de virtuosité. Tout au long des trois mouvements on dirait qu’il n’y a ni main, ni touche, juste de la musique qui sort comme par prodige de la rencontre entre un homme et un instrument. Le deuxième mouvement, avec l’entrée immédiate du piano, nous transpose déjà dans l’univers de Beethoven. Le troisième mouvement voit la conjugaison de la jovialité des flûtes traversières avec le registre aigu du piano, qui semble accomplir pour nous comme une course joyeuse dans un pré, l’été.

Le clou de la soirée est la magnifique Symphonie n.40 de Mozart. Un moment de pur émerveillement devant tant de brio créatif; une expérience à faire au moins une fois dans sa vie. La Maison Symphonique est un lieu magique pour voir et entendre une telle œuvre. Le public a d’ailleurs difficilement retenu des applaudissements d’émerveillement après le premier mouvement. La présence des quatre contrebasses alignées au fond rendait explicite leur rôle dans ce côté sombre et empressé de l’œuvre de Mozart. La flûte traversière portait quant à elle des moments clés de pureté et d’émoi, tandis que le hautbois lui donnait de temps en temps une touche d’amertume. Derrière eux, bassons et clarinettes s’unissaient dans les moments plus ronds. Le deuxième mouvement démarre sur une pulsation qui semble venue du tréfonds du cœur, comme Mozart sait le faire si bien. Puis cet andante se dresse comme une lutte entre frivolité et ténèbres. Le troisième mouvement, lui, s’ouvre immédiatement sur un ton solennel où pointe une tension si puissante. Les cascades des violons viennent porter à l’extrême cette gravité. Là encore, quelques sursauts de délicatesse sont apportés par les vents, avant que les cors ne donnent cette harmonie, comme un grand air frais ressenti dans une course à cheval. Nerveux, agité, parfait, le dernier mouvement amène l’auditoire au comble l’expérience musicale.

Auteure : Raphaelle Occhietti

Image de garde : ©Photographie_Panatonic

À la Maison Symphonique encore le samedi 24 février 2018 à 20h et le dimanche 25 février 2018 à 14h30.

http://www.osm.ca/fr/concerts/mozart-et-beethoven/

Pour aller plus loin :

https://www.medici.tv/fr/documentaries/from-b-for-beethoven-to-z-for-zacharias/

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