Amadeus, ou quand trois chefs d’orchestre se répondent

Le mur s’effondre, laissant avancer le Commandante au milieu du salon. Les violons amplifient et soutiennent les voix de Don Giovanni et de son valet Leporello qui se répondent. Les mains du chef d’orchestre catalysent la tension de la scène à l’écran, télescopant sa présence 230 ans plus tard sur les planches de la Place des Arts. Ce soir, Mozart est parmi nous.

Ainsi, les 2 et 3 juin derniers prenait vie dans la salle Wilfrid-Pelletier de la Place des Arts le film Amadeus du tchèque Milos Forman. 33 ans après sa réalisation en 1984, le film n’a perdu de sa lumière tant il est mis en valeur par la performance de l’orchestre présent sur scène. Le film fut présenté en version ciné-concert, dans un format permettant au public de plonger à nouveau dans une oeuvre éternelle. Après Harry Potter à l’École des Sorciers un peu plus tôt cette année, et Gladiateur de Ridley Scott l’an passé, c’était au tour du célèbre compositeur autrichien de prendre possession de Montréal.

Au cours des trois heures de visionnement, le spectateur suit le parcours météorique de Wolfgang Amadeus Mozart, parcours vécu en trois actes à travers le prisme d’une légèreté désarçonnante, de la figure paternelle omniprésente et de sa rivalité contée par rapport à Antonio Salieri, compositeur à la cour d’Autriche.

Depuis Salzbourg où Mozart épate les princes depuis son jeune âge, jusqu’aux rues de Vienne, le spectateur découvre un être fulgurant où l’audace et le génie déstabilisent les plus méthodiques des rivaux. Vienne est ici reconstituée à travers les rues de la vieille Prague aux couleurs ocres, et l’on découvre les opéras auxquels assiste la cour royale, notamment l’Enlèvement au sérail avec leur décors de harem, mais aussi l’exceptionnelle Flûte enchantée.

Alors qu’à l’écran Salieri complote et sabote le jeune Mozart, les deux compositeurs prennent la direction d’orchestres, tant dans le film que dans la salle Wilfrid-Pelletier. La mise en abîme du film est parfaite pour l’interprétation de l’oeuvre cinématographique et le public se retrouve invité à prendre part entièrement au film. Même si certains dialogues originels du films sont alors atténués lorsque l’orchestre de la salle répond aux personnage du film, ce phénomène participe entièrement à la mise en valeur de la musique comme élément principal de l’expérience.

La présentation de l’oeuvre de Milos Forman en format ciné-concert participe ainsi à un réel effort de démocratisation et d’initiation de l’écoute orchestrale. Le spectateur se laisse submergé par les notes, au gré des mouvements des chefs d’orchestre qui se transposent entre le film et la scène.

La prochaine occasion pour ressentir la musique d’un film sera à l’automne prochain, les 21 et 22 octobre 2017, lors de la projection du second volet de la saga de J. K. Rowling, Harry Potter et la Chambre des Secrets.

Pour plus d’informations:

 

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