Matin symphonique du 14 janvier 2016; un programme diversifié de l’Orchestre symphonique de Montréal, avec le duo Lortie et Mercier au piano

Cette belle matinée débute par L’amour des trois oranges de Serge Prokoviev, une suite orchestrale présentée à Paris en 1925 et extraite de son opéra du même nom créé quatre ans plus tôt. Parmi les six mouvements, la célèbre marche qui fut utilisée comme introduction aux émissions d’information de Radio-Luxembourg dans les années 50. La Suite très colorée, brillante et vive, offre un exemple de musique vivante et enjouée. Le chef d’orchestre Long Yu dirige l’OSM avec dynamisme et un jeu corporel entraînant.

Pendant un court intermède, deux magnifiques Steinway sont disposés côte à côte sur le devant de la scène, une sorte de mise en haleine de l’auditoire à l’œuvre phare annoncée. Louis Lortie et Hélène Mercier venant de chaque côté entrent ensuite en scène, comblés d’applaudissement. Le Concerto pour deux pianos, de Francis Poulenc, est dirigé par Long Yu de façon parfaitement synchrone avec le duo Lortie-Mercier. Cette œuvre, présentée en 1932 à Venise, constitue un jeu musical entre des partitions classiques, jazzées ou modernes. La prestation du duo Lortie-Mercier est éblouissante et donne finalement l’impression d’un concerto à trois voix, avec un orchestre mené admirablement.

Après l’entracte, l’OSM joue une œuvre originale intitulée Instants d’un opéra de Pékin, orchestré par Qigang Chen en 2014, à partir d’une version pour piano. Sur deux thèmes issus de mélodies connues de l’opéra de Pékin, le compositeur développe une orchestration ample où tous les ensembles instrumentaux sont mis en valeur. Qigang Chen offre une fusion de deux mondes musicaux.

L’œuvre de Jordan Pal, On the double, écrite en 2009, introduit une autre partition contemporaine. De facture très classique, cette pièce en un mouvement surprend. En dépit d’une richesse de timbres délibérée, parfaitement maîtrisée par l’OSM, le rythme ressenti semble saccadé et discontinu. Est-ce un choix volontaire du compositeur?

Le concert est complété par une œuvre connue et populaire, Les danses polovtsiennes, de Borodine, présentées à Saint-Pétersbourg en 1879. Ces danses font parie d’un opéra, Le prince Igor, que Borodine n’eut pas le temps d’achever. Le chef Long Yu et l’OSM offrent une version épurée, sans emphase, qui met en valeur les rythmes et la musicalité propres à chacune des cinq danses. Les auditeurs ont retrouvé avec plaisir les accents mystérieux de cette musique typiquement russe.

Par la diversité des œuvres présentées, ainsi que par la maîtrise et la capacité de direction du chef Long Yu, ce concert met à l’honneur l’OSM et le duo Lortie-Mercier.

Auteur : Serge Occhietti

Image de garde :©Photographie_Panatonic

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