Festival Tchaïkovski : La Pathétique. Éclatante performance de l’OSM sous la direction de Oleg Caetani

Le festival Tchaïkovski :jour 2

L’Ouverture fantaisie Roméo et Juliette, composée entre 1870 et 1880, introduit le deuxième concert du Festival. Direction sobre puis passionnée du chef d’orchestre Oleg Caetani. Plaisir pour les auditeurs d’une salle comble de retrouver les trois thèmes de ce poème symphonique, l’âme religieuse, la violence interfamiliale et l’amour exprimé. Apparaît ensuite sur scène la jeune soprano, Ekaterina Lekhina, belle et majestueuse dans une longue robe rose. Avec une présence chaleureuse, elle interprète l’air de Iolanta, un trop court extrait de l’opéra en un acte du même nom, composé tardivement, en 1891. Elle chante ensuite la douce berceuse de Maria, extraite de l’opéra Mazeppa terminé par Tchaïkovski en 1883. Sa voix expressive est parfois submergée par l’orchestre. Madame Lekhina se retire ensuite de la scène, le temps d’un très court extrait, le Mélodrame no 2, de la Demoiselle des neiges, musique de scène composée en 1873. Cette partition, d’un romantisme un peu mièvre par rapport aux autres œuvres de Tchaïkovski, nous montre bien la progression en densité et créativité du compositeur. De retour sur scène sous les applaudissements, Ekaterina Lekhina interprète le chant joyeux  »Aller au bois cueillir la framboise » de l’opéra la Demoiselle des neiges, composé en 1880-1881 par Rimsky-Korsakov. Après les applaudissements de ce qui était annoncé comme la fin de la première partie du concert, une surprise est offerte au public. Madame Lekhina chante avec fougue l’Hymne au soleil de la reine Chemakhla, extrait de l’opéra Le Coq d’or achevé en 1909 par Rimsky-Korsakov. Paradoxalement, cette performance non programmée d’une partition expressive et dense a permis de révéler le talent de la soprano.

Ce deuxième concert du festival se termine en apothéose par une interprétation magistrale de la Symphonie no 6, la Symphonie pathétique, de Tchaïkovski. L’esprit de chaque mouvement est respecté, le mystère du premier mouvement, les contrastes de la valse en 5/4, la formidable marche du troisième mouvement parfaitement rythmée mais sans l’écrasante rigidité imposée par exemple par Karajan, et enfin le déchirement du quatrième mouvement qui se termine par un souffle. Il faut souligner la sensibilité du chef Caetani envers le public. Par ses gestes et sa présence, il sait faire comprendre aux auditeurs quand respecter les silences et quand manifester l’enthousiasme. Sous sa direction, les musiciens de l’Orchestre Symphonique de Montréal ont révélé une nouvelle fois leur qualité de jeu et de fusion orchestrale. La Symphonie pathétique de Tchaïkovski n’est pas seulement une œuvre du romantisme russe mondialement connue, elle représente aussi le dernier message de combat et de souffrance d’un grand compositeur. Rappelons que Tchaïkovski meurt le 6 novembre 1893, soit 9 jours près avoir dirigé la première de la symphonie en public à Saint-Pétersbourg. L’OSM par sa performance a ainsi rendu un nouvel hommage au compositeur.

Auteur : Serge Occhietti

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