À défaut de tranquillité, beaucoup d’agrément!

Créée à Paris en 2013, avec Fabrice Luchini comme acteur principal, et adaptée au cinéma avec Christian Clavier en 2014, la pièce française à succès Une heure de tranquillité se retrouve cette fois montée par Monique Duceppe, au théâtre du même nom. Le texte de Florian Zeller, auteur contemporain réputé pour son talent, est revu à la sauce québécoise, avec une belle promesse de rire.

 

L’histoire met en scène Michel, un homme passionné de jazz, qui trouve par hasard, au marché aux puces, le disque de Niel Youart : Me, Myself and I. Il est si heureux d’avoir trouvé cet album rare qu’il cherchait depuis trente ans, qu’il se précipite chez lui afin de pouvoir l’écouter tranquillement. Or, ce samedi matin, qui s’annonçait si parfait, tourne vite au cauchemar. En effet, tout son entourage ne cesse de le déranger, dans un enchaînement étourdissant: sa femme veut lui confier ses inquiétudes, sa mère ne cesse de l’appeler, sa maîtresse prévoit tout dévoiler à sa femme, son fils débarque à l’improviste, l’ouvrier venu faire des réparations inonde l’immeuble… Avec comme résultat que Michel est désespéré et prêt à tout pour une heure de tranquillité!

 

© Caroline Laberge

© Caroline Laberge

Au début de la représentation, on tarde à entrer dans l’histoire et à s’attacher aux personnages. Mais, plus on avance dans le récit, plus la tension monte, et une série de surprises et de rebondissements vient capter notre attention. Adultère, quiproquos, secrets de famille sont au rendez-vous. Chaque personnage ment et chacun finit par révéler sa vraie nature. La pièce réussit finalement à déclencher des éclats de rire du public, grâce à un dialogue très bien tourné et à des scènes d’humour tordantes. Assez courte (1h35), la comédie ne laisse place à aucune longueur et, donc, à aucun moment de repos pour Michel. … ni pour le spectateur!

 

De tous les comédiens, Roger La Rue est de loin le plus convaincant. Il réussit à entrer parfaitement dans la peau de Michel, personnage égoïste et manipulateur. Josée Deschênes en épouse dépressive et Mireille Deyglun en maîtresse entêtée nous livrent une bonne prestation, mais sans plus. Un manque de naturel les empêche d’être totalement convaincantes. Stéphane Jacques dans le rôle de l’ami Pierre et Antoine Vézina dans celui de l’ouvrier incompétent incarnent assez bien leur personnage. Le décor est chaleureux et bien fait. Les acteurs entrent et sortent de la scène aisément. La pièce est très bien construite et peut être classée au chapitre du théâtre de boulevard intelligent. En effet, on peut y sentir une analyse fine du comportement humain. Les personnages, bien que caricaturaux, ne sont pas si éloignés de la réalité. Les situations peuvent donner un sentiment de déjà-vu, mais restent cocasses et amusantes.

 

Bref, une bonne pièce sans prétention dont on ressort avec l’impression nette d’avoir passé un agréable moment.

Auteure : Anne-Marie Soucy 

Image de garde : © Caroline Laberge

Au Théâtre Duceppe du 16 décembre 2015 au 6 février 2016

Pour en savoir plus : http://duceppe.com/piece/une-heure-de-tranquillite

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