Saltimbanco – L’ultime représentation

Centre Bell, Montréal, mercredi 19 décembre 2012.

Comment qualifier Saltimbanco ? Un spectacle global où fusionnent musique, chatoiement de couleurs, joie de jouer et de vivre par une troupe de gais lurons, déguisement et maquillages originaux, langage universel, jeux de lumière, performances à couper le souffle dans une atmosphère bon enfant sous les yeux d’autre lurons, enchaînements entre les scènes qui donnent les sentiments d’une continuité, alternance de scènes endiablées et plus lentes sous-tendues par la musique jouée par l’orchestre présent au fond de la scène.

Plus que tout, je crois que la force de Saltimbanco est de donner le sentiment au public qu’il fait partie du spectacle, que toute la troupe est joyeusement solidaire. Saltimbanco, enfin, appelle à l’universel, avec sa propre langue sonore imaginée. Cette attitude est affirmée dès la première scène où l’eau ruisselante est nommée selon les principales langues de notre planète.

L’immense arène du Centre Bell était comble, autour d’une scène adossée sur un côté. Un orchestre au fond, sous une coupole lumineuse reconstituant un kiosque comme on en voit dans tous les grands parcs urbains. Des familles entières, enfants, parents et même grands-parents, venus assister à cette ultime représentation.

À l’heure annoncée, 19h30, le spectacle commence par des fantaisies, des jeux et des badineries menées par les artistes du Cirque du Soleil avec les spectateurs proches de la scène. Rires, joie, scènes cocasses s’enchaînent dans ce prologue animé qui laisse le temps  aux retardataires de s’installer. Le ton est donné, rire et rester bon enfant, jouer, asperger de pop corn, ôter le t-shirt rouge d’un beau gars et jouer avec, et intégrer le public. Puis, allocution brève de Guy Laliberté sur l’historique de Saltimbanco, créé il y a 20 ans, suivie des recommandations adressées gentiment et de manière complice par l’une des artistes (pas de photos, éteignez vos téléphones).

Et le spectacle commence. Tout de suite, on comprend pourquoi le Cirque du Soleil a bouleversé l’art du cirque, il y a déjà 28 ans. J’ai la chance d’avoir connu le Cirque d’Hiver de Paris, les cirques itinérants traditionnels d’Europe, petits et grands (Medrano, Gruss), et j’ai assisté aux mises en scène parfaitement huilées des Cirques de Russie et de Chine. Mais là, quelle fraîcheur, quelle originalité, quelle joie!

Les scènes s’enchaînent harmonieusement. Nous sommes dans une ville imaginaire composée d’une mosaïque heureuse de saltimbanques.

En désordre, voici les scènes inoubliables de Saltimbanco. Le corpulent maître de piste en habit jaune d’or, par son autorité bonhomme, calme les Baroques, ces nombreux personnages excentriques et colorés qui participent au spectacle. Il remet à leur place les Vers masqués munis d’un long nez et tente de discipliner le diablotin bleu à longue queue. L’adagio au sol nous offre une série de figures originales d’équilibre accomplies par trois personnages en jaune, bleu et blanc. Le personnage en blanc a la grâce et la légèreté d’un enfant. Un groupe rock au rythme endiablé de l’orchestre nous propose des sauts périlleux, en propulsant les joueurs de la balançoire russe. Des sauts à couper le souffle. Dans une autre scène, 24 lurons aux costumes multicolores en flamme offrent des figures esthétiques sur et sous les quatre mâts chinois.

Le couple des tambours et des boleadoras en habit rouge nous fascine par la perfection des figures géométrique dessinées par les bolas. Le duo de trapézistes, tout en haut, enchaîne des mouvements de suspensions qui font alterner silence et applaudissement du public. Le jongleur accompagné de quatre compagnons augmente progressivement le nombre de balles qui semblent se couler comme l’eau d’une fontaine.

Que dire d’Eddy, le mime qui crée sur la scène des portes et des murs invisibles et qui se noie sous nos yeux. Remarquable aussi, la scène cocasse où il fait jouer un spectateur avec lui, dans un duel de pur western.

La scène de voltige des quatre anges blancs sur cordes élastiques et trapèze nous entraîne dans un rêve où alternent vols planés et piqués d’oiseaux merveilleux.

N’oublions pas les deux forains, athlètes forts et parfaits qui enchaînen avec une aisance virile des mouvements, des soulèvements incroyables (mettez vous à plat ventre et essayez de soulever quelqu’un avec un seul pied en pliant le bas de la jambe vers le haut).

Merci aux Caisses Desjardins d’avoir fait confiance aux créateurs de cette joyeuse aventure et d’avoir donné les moyens de création à une troupe qui continue de faire rêver le public québécois et les publics du monde.

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