TorinoDanza – The Old King

Folie ? Dépression ? Farce ? Mégalomanie ? Le danseur Romeu Runa est époustouflant dans ce solo au jeu théâtral exigeant et à l’usage du corps destructif.

Pourquoi The Old King ? Assiste-t-on à l’accouchement d’un monstre politique ? Ou est-on plutôt témoin des mouvements de l’âme d’un vieux tyran ? Le danseur est jeune, et pourtant ses gestes semblent préhistoriques : il se déplace comme un crabe et comme un dinosaure difforme il coure mains jointes en avant. Toute la première partie de la « chorégraphie » est dédiée à cette sorte de naissance monstrueuse. De la position fœtale ou bancale, le danseur ne sort que grâce à un puissant jet d’eau. Il semble un fou qu’on torture. Il semble un paria maintenu au ban de l’humanité par la force de l’eau et qui se tortille pour retourner à son état pré-humain. Mais ce jet d’eau qui inonde toute la salle du Maneggio de la Cavallerizza Reale de Turin est aussi le faisceau de lumière qui force le danseur à finalement se soutenir devant nous. Mains tendues vers le ciel, il est enfin droit sur ses jambes. La transe chamanique est terminée, le bruit des tambours cesse.

L’homme se dévêt; ses vêtements sont comme une peau de mue qu’il presse pour en extraire de l’eau. Il arrose une plante. La chorégraphie fait un usage complexe des accessoires scéniques, qui ajoutent une symbolique aux pas désordonnés du danseur. L’irruption de la technologie surprend : en projection sur le mur, une conversation de type msn s’affiche. La mère du danseur s’étonne qu’il n’ait pas donné de signes de vie depuis quelques jours. Le danseur exorcise-t-il un véritable malaise vécu, une dépression réelle ? Soudain il allume une cigarette. Le geste profondément social le rattache à l’audience. Et d’une voix grave, rouillée, le danseur se met à lire : « Bad days; bad days…I used to have some bad days… ». Retour sur la plante, devenue nouveau fétiche que l’interprète insère dans son slip. Il se met à courir, frénétiquement. Il construit une plate-forme d’où il prononce un discours sans cesse. Jusqu’à quel point le danseur fait-il la parodie des hommes politiques qui bêlent du haut de leur tribune des discours si simplifiés qu’ils n’ont plus de sens ? Et délicatement, avec amour, le danseur extrait la plante de son pot et solennellement pose la plante et ses racines terreuses sur sa tête. C’est la catharsis; l’auto-couronnement dérisoire marque l’apex de la position droite du danseur, avant qu’il ne redevienne à nouveau fœtus qui se cache entre les restes de sa tribune de bois. La performance se termine avec un doux retour à l’état premier.

Le public a fait honneur au danseur Romeu Runa, qui a su faire de son corps un lieu de rejet et de solitude. C’est aussi au projet culturel TorinoDanza que le public a manifesté sa gratitude. La sélection de The Old King  pour le festival est en effet audacieuse car l’on sort presque de la danse pour s’aventurer sur un terrain qu’il reste encore à définir, entre performance de sentiments autobiographiques et évacuation d’un malaise de société.

Follia ? Depressione ? Farsa ? Megalomania ? Il ballerino Romeu Runa è strabiliante in questo solo all’interpretazione teatrale esigente e all’uso del corpo destruttivo.

Perché chiamare la coreografia The Old King?Assisteremmo al parto di un mostro politico ? O saremmo piuttosto testimoni dei movimenti d’anima di un vecchio tiranno ? Il ballarino è giovane, pero i suoi gesti sembrano quasi preistorici : si muove come un granchio e corre con le mani unite sul petto come lo farebbe un dinosauro. Tutta la prima parte della « coreografia » è dedicata a questa nascita mostruosa. Il ballarino non esce dalla posizione di un feto o de un corpo storpio che grazie a un potente sprazzo d’acqua. Sembra un pazzo che si fa torturare. Sembra un paria mantenuto dalla forza dell’acqua al bando dell’umanità. Si attorciglia per tornare al suo stato pre-umano.

Il pubblico a fatto onore al ballarino Romeu Runa. Ma è anche al progetto culturale di TorinoDanza a cui il pubblico a dimostrato la sua gratitudine. In effetto, la selezione di The Old King per il festival è audace, visto che si esce quasi del ballo per avventurarsi in un cammino che rimane ancora da definire, tra la performance di sentimenti autobiografici all’evacuazione di un malessere di società.

Publicités

Commentaires fermés

%d blogueurs aiment cette page :