C’est pas la longueur qui compte…

C’est ce que tu fais avec ! Montréal, janvier 1999. La fin du monde est prévue pour le premier janvier de l’année suivante. Une caméra, un ordinateur, un écran. Que faire pour tromper cette apocalypse qui clôturera ce second millénaire ? Naturellement, Kino s’impose et devient l’exécutoire de ce temps qui file inexorablement vers la date fatidique. Le concept ? Chaque mois, réaliser un court métrage et le présenter lors d’une soirée réunissant les travaux d’autres passionnés du cinéma et, à la fin de la projection, donner la date à laquelle la prochaine réalisation paraîtra,  et ce… jusqu’à la fin du monde.

N’empêche que la fin du monde n’est jamais arrivée. Ni le bogue de l’an 2000, pas d’apocalypse divine non plus ni même de retour christique bi-millénaire. Niet, nada. Mais le Kino lui reste et s’amplifie année après année, et devient un rendez-vous incontournable des premiers vendredis de chaque mois. Cela fait maintenant 13 années que cette organisation montréalaise existe et produit à intervalles réguliers des courts métrages de haute qualité cinématographique, aux thèmes originaux, drôles, sincères, touchants, tristes, ou complètement déjantés.

« Faire bien avec rien, faire mieux avec peu et le faire maintenant ! » Kino offre aux cinéastes amateurs et passionnés un écran libre et sans censure. Réunis autrefois dans la salle du Lion d’Or et ayant investi aujourd’hui la marquise du Rialto sur la rue du Parc, les spectateurs sont conviés pour découvrir le talent et l’imagination des cinéastes dans une ambiance festive et intime. Le prix d’entrée est fixé selon une contribution volontaire (8$) et les fonds recueillis servent à faire tourner la machine Kino. Tous les genres y sont présents: comédie, drame, fantastique, horreur, documentaire, exercice de style, film d’art ou OFNI (objet filmé non identifié).

Le premier film est projeté, silence dans la salle. Les yeux rivés sur l’écran ne peuvent empêcher les rires de poindre ni les gorges de se nouer sous l’émotion brute. Et les applaudissements se propagent dans la salle, plus que sincères devant le travail accompli par le réalisateur. Ce dernier est alors inviter à rejoindre la scène et à commenter son court-métrage, où il est sommé de livrer la date de son prochain court-métrage. Vient ensuite le tour du second film, du troisième, et ainsi de suite jusqu’à la fin de la soirée. Vapeurs éthyliques, projections sortant des sentiers battus, esprit franchement relax et non guindé malgré l’alliage de créativité et d’originalité, autant de raisons pour inscrire ces soirées sur tout calendrier culturel qui se respecte.

Outre les projections mensuelles, Kino se décline selon plusieurs autres aspects. Il existe les Kabarets Kino, véritables pépinières de création et d’expérimentation. Pendant 48 heures, les cinéastes chevronnés et sous perfusion de caféine se retrouvent lors du Festival du Nouveau Cinéma. Leur défi est de créer,  à partir d’un seul thème et en seulement deux jours, un court métrage de A à Z, en passant par le recrutement de l’équipe de tournage, des acteurs, par l’écriture du script, sans oublier les cernes qui se tracent sous l’effet de nuits trop courtes et du régime malsain de pizza / red bull. Cette année, trois thèmes sont proposés. Huis clos (14 octobre) imposera au hasard un lieu de tournage aux réalisateurs. Trompe l’oeil (15 octobre) se concentrera sur les effets spéciaux tandis que Chambre Noire (18 octobre) permettra aux participants de délaisser le format numérique au profit de pellicules 35 mm. Finalement, le 20 octobre prochain aura lieu un Kino Jam, soirée où un groupe de musique est invité pour improviser la trame sonore des films en projection lors de cette soirée. Le chanteur Dumas occupera les planches du Rialto pour une soirée à ne pas manquer !

Finalement, par delà les activités montréalaises, le concept a réussit à s’exporter et a conquis plus d’une cinquantaine de villes. Des projets similaires ont vu le jour à Hambourg, Adélaïde, St-Pétersbourg, Cracovie, Helsinki et Berlin sous forme de cellules kinoïtes… Le centre névralgique reste toutefois à Montréal, et une véritable planète Kino s’est développée à partir de la métropole depuis la création du mouvement. Comme quoi… c’est certainement pas la longueur qui compte !

Lien vers les anciennes productions

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