Hétu, Ravel, Orff : ouverture de saison à l’OSM

Quand la musique vous fait voyager aux bords d’une rivière du Québec, dans l’Antiquité grecque puis dans le Moyen-Âge allemand, nul doute que les sensations musicales soient à leurs combles pour l’auditeur !

L’exaltation de la puissante rivière Saint-Maurice par le compositeur originaire deTrois-Rivières, Jacques Hétu, a été merveilleusement présentée par le chef d’orchestre, Maestro Lacombe. Cet hommage au défunt compositeur était aussi une belle occasion d’ouvrir la saison par le répertoire d’un talent d’ici. L’oeuvre thématique évoque donc le bouillonnement des eaux mais aussi les mouvements humains qui y ont eu lieu. La partition laisse libre cours à l’imagination et nous pouvons nous créer des tableaux pour illustrer les différents rythmes de la partition : l’un pensera à l’agitation des chantiers de barrages, l’autre à l’harmonie d’un paysage vierge de toute civilisation. La représentation était d’autant plus émouvante que la veuve du compositeur était présente pour cette marque d’estime et de regret de la part de l’orchestre.

Alors que l’année 2009 fêtait le 100e anniversaire des Ballets Russes de Diaghilev, il était très intéressant de la part de l’OSM de joindre à la programmation une suite extraite de la musique composée par Maurice Ravel pour le ballet Daphnis et Chloé. Prolongeant de manière harmonieuse l’écoute de la première oeuvre présentée lors de cette soirée, la suite n.2 de Ravel possède véritablement un charme évoquant la fraîcheur des mers d’oliviers à Delphes par exemple. Il s’en dégage une pureté de sentiments que l’on attribue aux Grecs de l’Antiquité, mais la complexité de la trame musicale en fait une musique sophistiquée d’où naît une gamme variée d’émotions. L’imposant choeur n’ajoutait que plus à l’impression fl uide et majestueuse de la musique.

Je vous promettais en début d’article le Moyen-Âge, et bien le voici ! Ou plus exactement des poèmes du Moyen-Âge allemand revisité par un compositeur du XXe siècle qui saura y trouver une force musicale entraînante. Ce que l’on appelle une « cantate scénique » s’organise autour de récitatifs et de rythmes simplifi és, auxquels s’ajoutent normalement une mise en scène avec costume et chorégraphie. Une grande place est accordée aux percussions et appuie le côté païen des textes : les premiers vers s’intitulent Fortune impératrice du monde. On nous conte ensuite des scènes de printemps, de taverne, avec une musique tour à tour enjouée ou grave, comme lorsqu’un cygne cuisant sur une broche nous décrit plaintif sa gloire passée. La présence du choeur est absolument magnifi que et envoûtante, Maestro Lacombe ayant dirigé avec une énergie fascinante cet ensemble superbe. Voir cette représentation, voir le choeur qui ondule selon qu’il répond aux jeux de l’orchestre, est une expérience inoubliable. Nous nous laissons porter comme dans un songe où l’effrayant voisine avec le doux. Prochaine représentation à ne pas manquer  : dimanche 12 septembre, 14h30.

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