Le Barbier de Séville à Venise

Que de plaisir de voir cet opéra si plaisant dans un des plus prestigieux théâtres d’Italie et d’Europe : La Fenice de Venise.

L’effervescence de Venise due au Carnaval qui s’y déroule chaque année nous a d’autant plus plongés dans une ambiance 18e siècle. La fiction de l’opéra semble alors s’accorder avec les gentilhommes aux larges capes et tricornes aperçus au détour d’un pont ou avec les courtisanes vénitiennes cachées derrière un masque pudique et énigmatique. Lorsqu’à la nuit tombée l’eau frémit au passage d’une gondole et que s’illuminent les palais aux pieds ancrés dans ces canaux centenaires, l’on oublie notre réalité de touriste et l’on se laisse plonger dans cette fable historique que seule Venise paraît savoir ressusciter.

C’est donc masque au visage que le public a assisté à la représentation du Barbier de Séville. Et bien que l’action se situe en Espagne, l’aspect bon enfant, enjoué et dynamique semble tout droit sorti de la Commedia dell’arte italienne. Le comte Almaviva est amoureux de Rosine, mais celle-ci est recluse par son vieux tuteur qui a lui aussi le dessein de l’épouser. Cependant le comte est aidé de son valet, Figaro, à l’esprit malin et qui compte bien gagner l’argent que lui promet son maître. Ainsi l’opéra se base sur la série d’actions qu’entreprendrons les deux complices pour contenter l’amour d’Almaviva. Du changement d’identité en jeune et pauvre Lindoro, aux tentatives d’enlèvement ratées et en passant par le travestissement en curé sachant lire le latin, l’opéra nous conduit dans une série d’actions plus rocambolesques les unes que les autres où le rire et la bonne humeur sont au rendez-vous.

La qualité de cet opéra, outre sa musique si connue, réside dans le fait que les différents personnages ont tous leur rôle à jouer et présentent une personnalité qui contribue à renforcer notre sympathie pour l’histoire qui se déroule. Le comte Alamaviva était interprété tout simplement à merveille, pas en amoureux transi ou un comte guindé, mais comme un joyeux personnage aux expressions comiques. La servante aux traits si expressifs, le vieux tuteur qui tremble en se faisant raser par Figaro, le notaire qui tombe malade juste parce qu’on lui dit qu’il a le teint jaune, c’est ainsi avec grande maîtrise que la Fenice donne vie à ces personnages qui ne restent absolument pas sur un plan secondaire. Le plus agréable pour nous est la présence du personnage féminin principal, Rosine, qui n’est ni soumise à un destin tragique, ni passive dans ce qui a trait à sa vie. Au contraire, elle attend bien que son amoureux, une fois marié, la laisse lire et penser librement et ne se gêne pas pour embobiner son vieux tuteur.

Bien évidemment l’orchestre a donné une interprétation magique. Écouter un opéra sur cd ou joué par un orchestre n’a vraiment rien à voir et le plaisir est d’autant plus grand lorsque les airs musicaux jaillissent de la fosse et accompagnent des personnages au jeu et aux chants vivants. Le cadre de la Fenice bien-sûr ajoute au charme de l’œuvre, mais si vous avez la chance de pouvoir assister à une représentation de cet opéra, courrez !

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