Radu Lupu à l’OSM

Vous voulez connaître un peu plus Beethoven que par sa seule Moonlight sonata ? Le concert de l’OSM en est l’occasion parfaite. Beethoven, qui bien sûr a laissé parmi les plus grands chefs-d’œuvre de l’histoire musicale (5e et 9e symphonies, Für Elise) peut parfois sembler assez hermétique par la grande pompe qu’il déploie. Cependant, son Concerto pour piano et orchestre no 3, en do mineur, op. 37 (1800-03) vous permet d’apprécier toute la fougue de Beethoven tout en étant musicalement très accessible. L’interprète n’y est évidemment pas pour rien. Radu Lupu, un pianiste roumain, a eu une grande importance sur la scène musicale depuis les dernières décennies. Reconnu comme un interprète particulièrement doué pour les œuvres de Beethoven, il a offert à Montréal la chance de mesurer son art dans ce concerto absolument délicieux. Dans le premier mouvement, le piano fait son entrée avec détermination et vient nuancer, tempérer ou « arrondir » la force un peu anguleuse de l’orchestre. La réponse des violons, légère ou tonitruante, apporte dynamisme à cette harmonie totale. Dans le deuxième mouvement, les sonorités du piano ondoyaient dans la salle avec une telle délicatesse et nous restions tout autant fascinés par elles que par les mouvements des mains de l’artiste. Finalement, le troisième mouvement, où l’on se dit vraiment à quel point le piano est un instrument d’une présence et d’une force émotive incomparable. Beethoven vous séduira sans conteste par ce Rondo Allegro duquel émanent sa personnalité et son génie. Si Radu Lupu revenait à Montréal, n’hésitez surtout pas à aller apprécier son interprétation à laquelle était attribuable la véritable valeur du concert du 17 février 2009. Je serais plus brève pour la deuxième partie du concert. Il s’agissait de la Symphonie no 5, en ré mineur, op. 47 (1937) de Chostakovitch. Ce compositeur était surveillé de très prêt par le régime stalinien et devait en quelque sorte soumettre ses œuvres aux attentes de l’exaltation soviétique. Cela ne l’a pas empêché de créer cette œuvre, où se juxtaposent des passages grandiloquents à d’autres d’une ironie presque carnavalesque. Si votre curiosité est piquée de découvrir cette musique, allez-y, mais comme première découverte musicale je vous conseille plutôt l’œuvre de Beethoven.

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