Découverte musicale à l’OSM

Concours OSM Standard Life : Carl Maria von Weber – concerto n˚1 pour clarinette en fa mineur, opus 73 et Henri Tomasi- concerto pour trombone ; Sergeï Rachmaninov- Symphonie n˚2 en mi mineur, opus 27.

Quel étonnement et quelle admiration ressentons-nous lorsque nous écoutons ces solistes qui ont notre âge ! Il semblerait qu’il faille une vie entière pour maîtriser à ce point un instrument. Le concert permettait de découvrir et d’apprécier les lauréats du concours OSM Standard Life, présentant une relève musicale extrêmement douée. Le soliste du concerto de Weber a littéralement enrobé la salle du timbre rond de sa clarinette. Passant en quelques instants des sons graves aux sons aigus, on aurait dit que notre âme entière vibrait, suspendue à son instrument. L’orchestre se mêlait à la clarinette dans un ensemble musical à la fois pur et lyrique, nous accordant l’opportunité de goûter au grand art du clarinettiste Hubert Tanguay-Labrosse.

Dès l’ouverture le concerto pour trombone de Tomasi accroche par les dissonances et le piquant de ces accents. Passant d’une intonation ronde à une intonation « pointue », le trombone ressort de la trame musicale pour nous emplir d’une énergie nouvelle. Une dialectique violons-tambours-flûtes et trombone s’installe pour communiquer une force parfois mystérieuse et inquiétante, parfois résolument jazz. Le jeune tromboniste s’est vraiment approprié ce concerto par sa virtuosité musicale et scénique. S’il est une œuvre qui à ma grande stupéfaction a su me captiver pendant plus d’une heure c’est bien la symphonie n˚2 de Rachmaninov. On pourrait s’attendre à une œuvre pompeuse or il n’en est rien. L’œuvre subjugue le moindrement que nous nous laissions guider par elle. La présence très lyrique des violons laisse naître des instants dédiés aux cors ou aux contrebasses. L’orchestre gronde sous le coup des cymbales ou frémit au chant subtil des flûtes. Il devient comme un corps qui s’articule et se meut avec grâce, guidé par la profonde rigueur du chef d’orchestre. Alors qu’aujourd’hui les sociétés adulent le dieu argent, nous pouvons remercier l’OSM d’être créateur de sentiments et de réflexions, nous permettant de conserver un peu de notre humanité. Car bien que cette musique semble détachée de notre actualité, elle vient nous toucher et même nous fasciner, sans que je puisse expliquer pourquoi. Bien sûr l’OSM a su comme toujours présenter un moment de rêverie esthétique d’une très grande maîtrise.

 

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