Théâtre de l’absurde : Ionesco

Et la cantatrice chauve, comment se coiffe-t-elle ? Devrait-on commencer par l’arithmétique ou bien passer à la philologie ? Dures questions n’est-ce pas ? Absurdes même… Exactement ! Le théâtre Denise Pelletier débute sa rentrée par deux pièces de Ionesco, La Cantatrice chauve et La Leçon.

Cette programmation revêt un caractère particulier. C’est une célèbre tradition parisienne qui est perpétrée durant les soirées montréalaises du 18 septembre au 28 octobre. En effet, depuis 1958, le Théâtre de la Huchette présente sans interruption et ce, soir après soir au coeur du quartier St Michel au bord de la Seine à Paris. Et maintenant, Ionesco débarque sur les planches pour le plaisir des montréalais.

Dramaturge de l’absurde, vous serez plongés l’espace d’une soirée dans un mélange de drame, d’hilarité et de loufoquerie. Au bout de deux heures (la durée d’une pièce est de moins d’une heure), vous ne serez plus où vous en êtes : où est la limite entre le réel et la folie ?

La Cantatrice chauve.

L’histoire est simple. Lors d’un repas organisé entre deux couples d’amis, les Smith et les Martin, un pompier en robe de chambre se joint au groupe avec la bonne de la maison et les discussions fusent de part et d’autres entre les protagonistes. Dans une interprétation haletante et sans laisser un seul instant de répit au spectateur, les quiproquos s’entremêlent et s’enchaînent à un rythme fou. Entre la tirade de quatre minutes du pompier sur le rhume de-lasoeur- de-la-tante-au-troisième-degrédu- cousin-travaillant-avec-le-père-dufrère- de-la-soeur-par-alliance-du …. (vous saisissez ?), le poème enfl ammé de la bonne, le spectacle s’emballe et perd toute logique. Normal non ? Car la cantatrice chauve se coiffe toujours de la même manière !

La Leçon.

Un vieux professeur offre des cours particuliers aux nouvelles admises à l’université. Cette nouvelle élève désire suivre une formation accélérée pour obtenir le doctorat, et pas n’importe lequel, le doctorat général ! Par quelle matière commencer, l’arithmétique ou la philologie ? Le problème se pose alors lorsque le maître doucereux se rend compte que sa « brillante » élève ne connait que ses saisons, et diffi cilement ses 8 premiers chiffres. Le rapport de force entre la jeune femme sûre d’elle et le maître change du tout au tout pour terminer tragiquement.

Deux pièces à voir absolument. Les répliques sont appuyées par une trame sonore remixée par un dj établi sur scène qui manie trompette, tables tournantes et cloches. Ionesco quitte la petite salle de 30 personnes du théâtre de la Huchette pour élire temporairement domicile au Théâtre Denise Pelletier. Cette version, sans être similaire, apporte un nouveau souffl e aux pièces célèbres du dramaturge qui ont plongées le public depuis quelques décennies dans la perte de toute logique.

Amorçant la saison théâtrale du Théâtre Denise Pelletier, vous retrouverez ces pièces à la sortie du métro Berri-UQAM, au centre Pierre Péladeau, au 300 boulevard de Maisonneuve. 21.5 $ pour étudiant, plutôt donné pour un tel programme. Rendez-vous avec l’absurde !

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