Concert d’ouverture de la SMCQ

La SMCQ, ou Société de Musique Contemporaine du Québec, débutait sa saison le 8 octobre dernier à la salle Pierre Mercure avec pour ouverture Des canyons aux étoiles du compositeur français Messiaen.

Dans le cadre des cent ans de naissance du compositeur, la SMCQ veut rendre hommage à cet artiste complet de l’environnement musical français du XXème siècle. Né en 1908 et mort récemment en 92, Messiaen se qualifia ainsi : ornithologue et rythmicien. Étonnante association, mais résultats sans équivoque : passionné par les chants exotiques des oiseaux, il voulu en capter chaque essence pour les transcrire dans sa musique. Une autre composante de son œuvre est son inspiration prenant source au cœur de la foi religieuse. Le concert Des canyons aux étoiles fait part d’un voyage initiatique partant des vallées rocheuses terrestres vers l’Éden céleste.

Ici, point de Beethoven ou de Mozart. Non, le concert ne peut être associé à la polyphonie qui caractérise les œuvres connues et dites « classiques ». Décrivons un peu les émotions ou les perceptions du concert pour poser des mots plus teintés de vérité que les termes « musique contemporaine » ou « musique moderne ».

D’abord l’orchestre. 43 musiciens sur scène maniant la vaste gamme de la musique : ensembles à cordes, de cuivres et de bois. Avec deux solistes faisant partager toute l’ampleur de leur talent au piano à queue et au cor. De plus, quelques instruments inusités, tels une machine à vent, un bâton de pluie circulaire et un piccolo, rendant compte de la nature et faisant parler les oiseaux du ciel. Et maintenant, une pointe d’humour. Le chef d’orchestre, Walter Boudreau, chaussé de remarquables converses rouge écarlate. La table est mise pour 104 minutes de musique cosmique.

Voyage vers les étoiles donc, mais départ sur terre. Les oiseaux, rendus vivants, semblent traverser la salle de spectacle par la maîtrise de la pianiste Louise Bessette et du percussionniste Julien Grégoire. Chants aux timbres variés rappelant les oiseaux exotiques, mais bien loin des douces perruches. Par contre, notons la présence omniprésente du piano dans la partition de Messiaen. Il paraît empêcher la musique de croître, d’emplir la salle et d’exploser de beauté. De plus, le compositeur semble vouloir couper chaque moment d’ampleur par un piano inévitable et incessant.

Néanmoins, le spectacle fait découvrir une autre vision de la musique. C’est un concert où les éléments primitifs, vent, feu, eau et terre s’entrecoupent inextricablement. Vol progressif vers la voie lactée accompagné par les messagers de la nature, les oiseaux ; et parcours où l’aventure musicale reste innovatrice. Musique à découvrir, peut être difficile à cerner pour les profanes mais d’une écoute différente, cosmique, déroutante et aérienne.

Site internet de la SMCQ : http://www.smcq.qc.ca

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